Démolition : détruire pour mieux reconstruire

Démolition : détruire pour mieux reconstruire

Lorsqu’un ouvrage est devenu trop vétuste, il peut être plus avantageux d’envisager de le détruire pour mieux reconstruire par la suite. Cela entraîne plusieurs niveaux d’intervention en fonction de la structure et de l’accessibilité du bâtiment. Il importe aussi de recycler les matériaux. Voici un guide pour la construction d’une maison concernant les démarches spécifiques à la démolition.

Quelle démarche pour démolir une maison ancienne ?

Le permis de démolition, régi le code de l’urbanisme (se référer à l’article R421-26 à R421-29), n’est exigé que pour certaines circonstances. L’exception à la règle : même si le bâtiment visé se trouve dans un secteur préservé, lorsqu’il est insalubre et menace de tomber en ruine, il n’est pas nécessaire d’obtenir un permis de démolir.

Dans d’autres circonstances, déterminer s’il y pertinent de démolir ou non n’est pas simple. Il importe avant tout de protéger le patrimoine paysager ou architectural. Cela s’avère particulièrement problématique pour les constructions érigées à proximité d’un monument historique, ou encore celles situées dans certaines zones naturelles sensibles. Lorsqu’un bâtiment est classé monument historique, les probabilité qu’il soit détruit sont réduites.

La démarche s’apparente à celle d’une demande de permis de construire. Référez-vous au formulaire normalisé téléchargeable sur le site www.service-public.fr (Cerfa 13405*01).

Les techniques de démolitions

La terminologie a évolué et cela en dit plus long sur les étapes à franchir : il est davantage question désormais de « déconstruction » que de démolition, impliquant un judicieux tri des matériaux, de la décontamination et du désamiantage, le retrait des gravats, et du déplombage.

Les méthodes de déconstruction sont déterminées d’après plusieurs paramètres, tels que l’emplacement de l’édifice, la forme, la hauteur, le matériau, la présence d’une armature, et l’environnement (poussière, bruit, vibration).

Le dérasement consiste en une opération manuelle. L’ouvrage est détruit de haut en bas. Cela permet de diminuer la hauteur d’un bâtiment sans endommager ses fondations. Cette technique est utilisée pour les tours, clochers, murailles et enceintes.

Le sapement procède en sens inverse, en sapant les bases de l’édifice. Des étais et cales sont installés sous les parties porteuses pour remplacer les parties détruites. Ces éléments sont retirés pour que l’ouvrage s’effondre. Les cales sont incendiées ou tirées pour provoquer l’effondrement.

La méthode du godet et du croc nécessite une pelle mécanique pour pousser, exercer une traction, ou générer un choc. Cela facilite la destruction de murs porteurs et le retrait des gravats, qui sont chargés dans une benne.

Le bulldozer consiste en la méthode la plus souvent visualisée dans l’imaginaire des gens. Équipé d’une lame, le bulldozer pousse sur les matériaux pour les détruire. Cette technique convient aux bâtiments de moins de 3 mètres de hauteur en brique et parpaings, et facilite le retrait des gravats.

Les pièces de béton étroites sont aisément détruites à l’aide de pinces de démolition. Il s’agit d’installer cet équipement sur une pelle de chantier.

La technique de découpage sert à délimiter avec précision certaines parties à démolir. Une série de perforations et de sciage ont lieu, à l’aide d’une scie ou encore par hydro-démolition (projection de jets d’eau à très haute pression). Des diamants synthétiques permettent de découper des matériaux comme le béton.

La technique d’explosion consiste en la façon la plus économique et moins dangereuse pour démolir un bâtiment de plus de vingt mètres de hauteur. Il importe toutefois de respecter les règles de sécurité.

La technique dite par expansion convient à des situations de destruction partielle, excluant les bâtiments en béton. Divers équipements sont requis, notamment des agents expansifs, vérins et éclateurs hydrauliques.

Diagnostic désamiantage

Le maître d’ouvrage devant protéger les personnes à son service contre d’éventuels risques pour la santé est tenu de procéder à un diagnostic désamiantage, avant d’entamer la déconstruction d’un bâtiment.

Cela concerne les travaux de destruction partielle ou totale. À la différence du diagnostic amiante avant-vente d’un immeuble, ce type de repérage inclut des opérations destructives survenant sur la totalité d’un bâtiment, ou encore uniquement sur les parties faisant l’objet de travaux. Ce diagnostic est crucial, car il permet la détection de présence d’amiante, qu’elle soit inaccessible, accessible, encoffrée ou visible.

Comment gérer les gravats après démolition

Certains travaux génèrent une quantité considérable de déchets (terre, pierres, ferraille, etc.). Il importe de se renseigner à propos de l’évacuation des gravats avant de se lancer dans un chantier de déconstruction et construction.

Diverses solutions sont proposées pour évacuer des gravats. La solution à préconiser dépend de votre budget et du volume de gravats à gérer : déchetterie, location de bennes, ou encore prestations d’une entreprise du bâtiment spécialisée dans l’évacuation des gravats.

Référez-vous à l’annuaire de notre site pour déterminer le prix de la démolition des murs, et entrer en contact avec des démolisseurs professionnels, des entreprises d’évacuation des gravats, de location de bennes, etc.