Les systèmes de récupération des eaux de pluie

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Le geste citoyen n’est pas primordial, bien que réel, car c’est surtout l’évolution du prix de l’eau, en hausse constante, qui motive aujourd’hui ceux qui le peuvent pour installer un système de récupération d’eau de pluie. Dans des zones exposées à la sécheresse, la solution est presque incontournable car cette eau, gratuite et pure, présente bien des avantages.

Le système sera choisi en fonction de vos objectifs car les écarts d’investissement peuvent être importants. Jardin et/ou maison seront vos motivations déterminantes. Un grand espace d’arrosage rentabilise aisément un tel équipement, tandis qu’une maison à forte consommation y incite. Il suffit de savoir que la répartition de la consommation d’eau d’une famille se décompose ainsi : 64 % pour les sanitaires, 12 % pour le linge, 18 % pour la cuisine et l’entretien, le reste pour le jardin ou la voiture.

Collecter, stocker, distribuer.

Les étapes clés qui composent le système sont la récupération, le stockage, la filtration et le pompage.

Pour être efficace un système de récupération doit disposer d’une collecte performante. Le toit est essentiel : plus il est grand et pentu, plus il favorisera la récupération d’eau. Les matériaux de couverture sont importants : amiante et plomb sont interdits, le cuivre déconseillé et les tuiles, l’ardoise, le zinc, le verre se montrent les plus efficaces, tandis que le plastique, le bois ou l’aluminium sont peu productifs.

Les gouttières complètent le dispositif de récupération. Les matériaux sensibles à la corrosion sont interdits mais le choix existe entre zinc, faïence et PVC. Des grilles placées au dessus de la descente des gouttières empêchent leur obstruction.

Avec un toit de 100 m² il est possible de récupérer de 3 000 à 60 000 litres, selon la pluviosité locale.

La cuve constitue l’autre élément majeur. Son utilisation conditionne 3 facteurs : volume, matériau et installation. Pour estimer ses besoins de cuve, la pluviométrie, la surface du toit et l’usage attendu font varier le volume de 150 à 1 500 litres pour de l’arrosage modéré, de 1 500 à 3 000 pour un arrosage intense, et de 3 000 à 9 000 litres pour un combiné arrosage, maison et éventuellement piscine. La cuve peut être en béton, dont le ciment alcalin produit une déminéralisation de l’eau bénéfique pour les canalisations, ou en polyéthylène, plus facile à poser, résistante mais qui doit être vidangée en hiver pour éviter le gel si elle n’est pas enterrée.

Enfin, vous devez opter pour une installation hors sol ou enterrée. La première sera réservée aux cuves moyennes destinées à l’arrosage, alors qu’il est préférable d’enterrer, pour des raisons pratiques et esthétiques, une cuve de grand volume.

Enterrée, une cuve doit être munie d’un système de filtration et de pompage, par surpresseur ou pompe immergée. Le procédé de filtre sera déterminé par l’usage : arrosage, sanitaires, lave-linge… Il en existe 4 : osmoseur, dont le coût d’investissement est élevé mais modeste pour l’entretien et dont la performance de purification présente l’inconvénient d’un faible débit et d’un perte d’eau, les filtres céramique, économiques, aisés à poser mais à changer tous les 4-5 ans ou à charbon actif, privilégiés pour détruire les odeurs et les petits polluants, et le stérilisateur UV, véritable désinfectant qui élimine 99 % des bactéries.

Prix des récupérateurs d’eau de pluie.

Les cuves les moins chères sont les hors sol et en polyéthylène, et vont de 40 € pour 200 litres à 300 € pour 1 000 l car elles ne nécessitent pas de travaux autres que le transport. Enterrées, les cuves en béton ou en polyéthylène sont à peu près de coût équivalent, environ 5 000 € pour 5 000 litres et 8 000 € pour un volume double, pose comprise, néanmoins variable selon les difficultés d’accès et de terrassement du terrain.

La gamme de systèmes de filtration est plutôt large. Compter une moyenne de 100 € pour les filtres céramique ou à charbon, 300 € pour un stérilisateur UV et 700-1500 € pour un osmoseur.

Le prix des pompes, en fonction de leur puissance et de leur technicité se situe entre 400 et 700 €.

Un système de récupération pouvant aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros, tous les paramètres (usage et économies attendues) doivent être sérieusement étudiés.

Par ailleurs, face aux économies attendues, il faut savoir que si l’eau de pluie est utilisable pour les sanitaires elle est interdite à la consommation.